Le "sein normal" est constitué en mammographie, par l'interface entre les densités graisseuses et les densités hydriques du tissu conjonctif de soutien qui entoure le système épithélial sécréto-excréteur.
Le tissu épithélial n'intervient que très peu dans la formation de l'image radiologique puisqu'il ne représente que 4% de volume des structures mammaires. Sa densité se confond avec celle du tissu conjonctif.
Le tissu conjonctif de soutien constitue l'essentiel des structures opaques en mammographie. L'ensemble constitue le cône conjonctivo-glandulaire à sommet mamelonnaire arrimé à la face profonde du derme par les ligaments pyramidaux (ligament de Cooper).
Il est limité en avant par une lame graisseuse antérieure sous cutanée et en arrière par une lame graisseuse postérieure.
L'image radiologique du sein se modifie au cours de la vie.
Le sein pubertaire a un aspect très dense et homogène et ne doit jamais être radiographié.
Le sein de la femme adulte a une répartition du tissu conjonctif et adipeux variable d'une femme à l'autre.
De plus l'imbibition hydrique modifie la radiovisibilité. Elle augmente la densité globale, diminue le contraste entre graisse et eau et gêne l'analyse. Cette imbibition varie avec l'influence hormonale (cycle-grossesse et lactation) et selon l'âge.
Ainsi à la ménopause, il y a une involution des structures glandulaires (disparition des lobules et petits canaux).
Le tissu conjonctif se transforme en tissu fibreux et la graisse prend une place de plus en plus importante.
Cette involution adipeuse débute en général dans les quadrants internes et inférieurs.Il existe également des variations inter-individuelles. L'abondance du tissu graisseux et sa répartition sont différentes d'une femme à l'autre.
20% des femmes de moins de 50 ans ont des seins adipeux et 20% des femmes plus âgées ont des seins denses d'analyse délicate.
Des tentatives de classification morphologique et de prévision du risque potentiel de survenue de cancer (classification de Wolfe 1976) n'apportent pas d'élément pour l'interprétation sénologique.